2017 - 2019 © Danielle Laurent-Faure    Dernière mise à jour : 06.06.2019

Parcours

Aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs, j’ai toujours été attirée par les chiens en général et par les lévriers en particulier dont j’affectionnais l’allure distinguée. Ma première Barzoï, Tsaritsa de Morton-Hall, arrivée en 1970, fut le cadeau anniversaire dont je rêvais. J’avais préalablement contacté deux grandes éleveuses françaises du moment : Madame Raulin-Arnoult (Mariettes) et Madame d’Arbelles (Morton-Hall). Madame d’Arbelles en parlait avec un tel romantisme ! Ce fut elle qui l’emporta... C’est ainsi qu’a débuté cette longue et exclusive "histoire" avec le Barzoï !

En faisant l’acquisition de Tsaritsa, j’ai aussi noué des relations personnelles avec Mme d’Arbelles qui a su très rapidement m’intéresser à la race en général (elle était "très à cheval" sur les caractéristiques essentielles du Barzoï à préserver avec une prédilection pour les belles têtes) et aux lignées... A ce moment-là, je ne songeais pas à me tourner vers l’élevage, mais posséder plusieurs barzoïs me tentait. J'ai donc fait l'acquisition en 1971, toujours chez Mme d’Arbelles, d’Ukraina de Morton-Hall, puis d’Utka de la Polianka qu'elle même avait importé de chez Mme Dupret (Barzoïs de la Polianka - Belgique). Utka avait alors 12 mois, un mâle à grand manteau acajou soutenu (fils d’Alexander van de Emelenberg et de Raskora Alexander). Utka (dit "Udav") était un peu long, mais il alliait élégance et puissance avec un beau mouvement ample et léger.

Le couple fondateur : Ukraina de Morton-Hall et Utka de la Polianka (photos 1976)

J’habitais à la campagne, j’aimais vivre avec les animaux, je commençais à prendre goût aux expositions, l'envie d'élever a rapidement suivi. J'ai demandé et obtenu l’affixe du "Cot-Regnier" en 1972 (nom d’un lieu-dit sur la propriété où je résidais alors en Charente : le Cot-de-Regnier ou Coteau de Regnier, un ancien camp romain).

Ma première portée est née le 9 décembre 1972 d’Utka de la Polianka et Ukraina de Morton-Hall. J’en ai gardé Volga (le premier chiot né de ma première portée, un signe du destin ?), une femelle avec les mêmes caractéristiques que son père, au caractère joyeux, très équilibré, et qui m’a donné mes premières joies d’éleveur en concours . Elle est toujours présente dans le pedigree de tous les Cot-Regnier actuels ...

Ch.IB. Volga du Cot-Regnier, Monaco 1979.

Mme d’Arbelles m’incita ensuite à entrer en contact avec Mme Dupret afin de pouvoir utiliser un de ses mâles importé du Canada, Picasso de Bolshoï et je suivis naturellement son conseil. Ce fut pour moi l’occasion de faire la connaissance de Jo Dupret, et de nouer avec elle une amitié qui dure encore aujourd’hui.... Le goût pour la compétition et les concours s'était alors affirmé, la graine que Mme d’Arbelles avait semée en moi avait bien germé : l’envie d’élever et surtout de sélectionner ne m’a plus quittée depuis.

J’ai toujours eu peu de chiens et ma production a toujours été volontairement limitée. Je n'ai jamais voulu être non plus une "stakhanoviste" des concours. J'avoue une préférence pour les femelles et la lignée que j'ai construite au fil du temps repose sur elles. Chacune à sa manière a su compter pour moi. Toutes ont su m'offrir de grandes satisfactions, tant par leur personnalité, que pour ce qu'elles m'ont données au propre et au figuré (Volga bien sûr, et aussi Moskowa, Tihomila, Danica, J'Koura, Priska, Vestlana, Aza - en plus une superbe chienne de concours, F'Ksenia ...). Mais je ne peux oublier non plus les mâles Lijinski, et Fedja un fils d'Aza, parti malheureusement beaucoup trop tôt.

J’essaye d’être fidèle à ce que demande le standard et j’avoue être plutôt traditionaliste : maintien et respect de ce qui nous a été transmis (nous avons la chance d’avoir un riche passé, il suffit de se plonger dans la documentation qui existe sur ce sujet). Le Barzoï est une des races qui a subi jusqu’à maintenant le moins de transformations (certains barzoïs du début du siècle dernier figureraient encore dignement dans nos expositions actuelles). C’est tant mieux car ce n’est pas le cas de beaucoup de races aujourd’hui. L'avenir me semble moins rose, espérons que cela pourra perdurer. Mais si je privilégie le standard et les expositions dites de "beauté", j’accorde aussi de l’importance au "travail" et participe à un certain nombre d’épreuves. Je trouve important de chercher à conserver dans une race ses qualités innées, ce pour quoi elle a été à l’origine sélectionnée... et les Barzoïs sont si heureux de pouvoir courir !

Ceci étant, nos Barzoïs sont surtout nos compagnons de tous les jours et nous les aimons parce qu’ils sont beaux, sensibles et attachants, mais aussi indépendants (souvent), cabochards (parfois), et... qu'ils nous témoignent tant d'amour en retour !

Bébés du Cot-Regnier - 2016